Les Filles du feu

Nerval Gérard de
Lorenzaccio

Extrait de Lorenzaccio de Alfred de Musset

Lorenzo. - Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m'empoisonne , ou que je saute dans l'Arno ? Veux-tu donc que je sois un spectre, et qu'en frappant sur ce squelette (il frappe sa poitrine) il n'en sorte aucun son ? Si je suis l'ombre de moi-même, veux-tu donc que je rompe le seul fil qui rattache aujourd'hui mon cœur à quelques fibres de mon cœur d’autrefois ? Songes-tu que ce meurtre, c'est tout ce qui reste de ma vertu ? Songes-tu que  je glisse depuis deux ans sur un rocher taillé à pic, et que ce meurtre est le seul brin d’herbe où j'ai pu...

Lorenzaccio

Alfred de Musset
Corinne ou l'Italie

Extrait de Corinne ou l'Italie de Madame de Stael

Les quatre chevaux blancs qui traînaient le char de Corinne se firent place au milieu de la foule. Corinne était assise sur ce char construit à l'antique, et de jeunes filles, vêtues de blanc, marchaient à côté d'elle. Partout où elle passait l'on jetait en abondance des parfums dans les airs ; chacun se mettait aux fenêtres pour la voir, et ces fenêtres étaient parées en dehors par des pots de fleurs et des tapis d'écarlate ; tout le monde criait Vive Corinne, vive le génie ! vive la beauté ! L'émotion était générale ; mais lord Nelvil ne la partageait point encore ; et...

Corinne ou l'Italie

Madame de Stael
"Le Horla" et autres contes

Extrait de "Le Horla" et autres contes de Guy de Maupassant

5 juillet. - Ai-je perdu la raison ? Ce qui s'est passé, ce que j'ai vu la nuit dernière est tellement étrange, que ma tête s'égare quand j'y songe ! Comme je le fais maintenant chaque soir, j'avais fermé ma porte à clef ; puis, ayant soif, je bus un demi-verre d'eau, et je remarquai par hasard que ma carafe était pleine jusqu'au bouchon de cristal. Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. Figurez-vous un homme qui dort, qu'on assassine, et qui se réveille avec un...

"Le Horla" et autres contes

Guy de Maupassant
Manifeste du Parti communiste

Extrait de Manifeste du Parti communiste de Karl Marx

Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les eaux de France et les policiers d'Allemagne. Quelle est l'opposition qui n'a pas été accusée de communisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l'épithète infamante de communiste ?  Il en résulte un double enseignement : 1.                Déjà le communisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d'Europe ; 2.       Il est grand temps que les communistes exposent, à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances ; qu'ils opposent au conte du spectre communiste un manifeste du Parti lui-même. C'est à cette fin que des communistes de diverses nationalités se sont réunis à Londres et ont rédigé le Manifeste suivant, qui est publié en anglais, français, allemand, italien, flamand et danois.
Poésies

Extrait de Poésies de Stephane Mallarme

Brise marine   La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres. Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe, Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l'ancre pour une exotique nature ! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l'adieu suprême des...

Poésies

Stephane Mallarme
Les Contes cruels

Extrait de Les Contes cruels de Adam Villiers de L'isle

Grande revue aux Champs-Elysées, ce jour-là ! Voici neuf ans de supportés depuis ce soleil trouble ! Oh ! Mêmes rumeurs ! Mêmes fracas d'armes ! Mêmes hennissements ! Plus assourdis encore, toutefois, que l'année précédente ; criards pourtant. —        « Vive la Commune ! » clamait le peuple au vent qui passe. Et la voix du séculaire Élu de l'Infortune redisait, toujours, là-bas, au seuil sacré, son refrain rectificateur de l'unique pensée de ce peuple. Hochant la tête vers le ciel, il gémissait dans l'ombre : —        « Prenez pitié d'un pauvre aveugle, s'il vous plaît ! » Et, deux lunes plus tard, alors qu'aux dernières vibrations du tocsin, le Généralissime des forces régulières de l'État passait en revue ses deux cent mille fusils, hélas ! encore fumants de la triste guerre civile, le peuple, terrifié, criait, en regardant brûler, au loin, les édifices : —        « Vive le Maréchal ! » Là-bas, du côté de la salubre enceinte, l'immuable Voix, la voix du vétéran de l'humaine Misère, répétait sa machinalement douloureuse et impitoyable obsécration : —        « Prenez pitié d'un pauvre aveugle, s'il vous plaît ! »   Et, depuis, d'année en année, de revues en revues, de vociférations en vociférations, quel que fût le nom jeté aux hasards de l'espace par le peuple en ses vivats, ceux qui écoutent, attentivement, les bruits de la terre, ont toujours distingué, au plus fort des révolutionnaires clameurs et des fêtes belliqueuses qui s'ensuivent, la Voix lointaine, la Voix vraie, l'intime Voix du symbolique Mendiant terrible ! — du Veilleur de nuit criant l'heure exacte du Peuple, — de l'incorruptible factionnaire de la conscience des citoyens, de celui qui restitue intégralement la prière occulte de la Foule et en résume le soupir. Pontife inflexible de la Fraternité, ce Titulaire autorisé de la cécité physique n'a jamais cessé d'implorer, en médiateur inconscient, la charité divine, pour ses frères de l'intelligence. Et, lorsque enivré de fanfares, de cloches et d'artillerie, le Peuple, troublé par ces vacarmes flatteurs, essaie en vain de se masquer à lui-même son vœu véritable, sous n'importe quelles syllabes mensongèrement enthousiastes, le Mendiant, lui, la face au Ciel, les bras levés, à tâtons, dans ses grandes ténèbres, se dresse au seuil éternel de l'Église, — et, d'une voix de plus en plus lamentable, mais qui semble porter au-delà des étoiles, continue de crier sa rectification de prophète : —        « Prenez pitié d'un pauvre aveugle, s'il vous plaît ! »

Avis de Cinquième soleil sur Les ailes de la passion

Pendant la première guerre mondiale, Anais rencontre Jacques aviateur et fiancé à sa cousine Sophie. Anaïs est partagée entre l'amour pour son bien-aimée et sa loyauté envers sa cousine. 1914 la guerre éclate, plongeant nos jeunes gens dans la tourmente.

Pourquoi j’ai aimé ? : 
Roman palpitant dans un rithme époustouflant.
Ça parle de quoi ?: 
Portrait magnifique d'une femme aussi déterminée que romantique mélangeant une époque tourmentée, à la douceur de vivre de sa terre natale, la Provence.
C’est écrit comment ?: 
Une écriture fluide et passionnante
On lit où: 
Partout
On offre à qui ?: 
A un homme passionné d'aventure et d'aviation et à une femme pour son intrique amoureuse.
Et aussi, pour conclure: 
Un livre à lire, à relire et à offrir.
Auteur(s): 

Les Contes cruels

Adam Villiers de L'isle
Méditations poétiques

Extrait de Méditations poétiques de Alphonse de Lamartine

L’Isolement   Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.   Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes, Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Pages

En ce moment

BD : Le Palmarès complet du 52ème Festival d'Angoulême

Le Festival de la BD d'Angoulême vient de se terminer. Voici l'ensemble du palmarès.

FIBD Angoulême : « Deux Filles Nues » de Luz , Fauve d'or du meilleur album

« Deux Filles Nues » de Luz reçoit le Fauve d'or du meilleur album au FIBD Angoulême.

Le Fauve Jeunesse 2025 pour « Retour à Tomioka »

« Retour à Tomioka » de Michaël Crouzat, le dessinateur, les coloristes Clara Patiño Bueno et Andrès Garrido Marti, ainsi que 

Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême : Anouk Ricard, lauréate du Grand Prix 2025

Après Posy Simmonds en 2024, c’est Anouk Ricard qui est élue par ses pairs Grand Prix de la 52ᵉ édition du Festival International de la Bande Dessi

Le TOP des articles

& aussi